Les deux Tigres

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 Témoignage Allemand sur la bataille de Koursk

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steiner

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Date d'inscription : 11/12/2007
Localisation : Châlons en Champagne

MessageSujet: Témoignage Allemand sur la bataille de Koursk   Lun 30 Juin - 20:00

Le SS-Obersturmführer Rudolf von Ribbentrop - fils du célèbre Ministre des Affaires étrangères du Reich, Joachim von Ribbentrop - commande la 6. Kompanie du SS-Panzer-Regiment 1 lors de la bataille du saillant de Koursk, en juillet 1943. Le 12 juillet, lui et son équipage vont être engagés contre de fortes concentrations blindées soviétiques, revendiquant la destruction de quatorze chars ennemis. Cet engagement vaudra à Ribbentrop d'être décoré de la prestigieuse Ritterkreuz. Voici son témoignage.


Avec minutie, depuis une bonne heure, les artilleurs "d'en face" étaient en train d'écraser nos positions les unes après les autres. Les Russes alternaient obus de gros calibres et roquettes. Nos Nebelwerfer leur répondaient à une cadence soutenue, chaque départ de salves provoquant une série de bruits stridents. A l'abri, dans une cavité creusée sous notre Panzer je ne parvenais que très difficilement à me reposer, malgré sept jours de combats harassants. Ce n'était pas facile de dormir dans ces conditions! De plus, je guettais malgré moi l'arrivée de la moto de l'estafette qui, à un moment où un autre, allait nous apporter les consignes du jour édictées par notre chef de bataillon, le SS-Sturmbannführer Martin Gross. Mon attente ne fut pas longue.

Rendu au quartier général du bataillon, j'en repartis avec mes ordres: "L'infanterie signale de nombreux regroupements de blindés soviétiques. Quelques raids timides de T-34 ont déjà eu lieu dès les premières lueurs du jour, mais rien de bien sérieux pour le moment. Nous n'avons aucun détail quant au nombre d'engins que les Russes pourront engager aujourd'hui. Votre unité se portera en avant des positions de l'infanterie et se tiendra prête à intervenir si nécessaire." Voila qui était clair. Dès mon retour au bivouac, j'ordonnai à mes équipages de mettre en route leur Panzer IV et de se déployer derrière moi. Ce que je ressentais à ce moment-là, était une grande fierté, celle de mener au combat des soldats si jeunes et pourtant si expérimentés. Bientôt, nous atteignîmes une première crête, derrière laquelle se trouvait une plaine vallonnée d'environ quatre kilomètres de large et qui, au loin, remontait en pente très douce. Derrière celle-ci, devaient se trouver des centaines de chars soviétiques et des milliers de soldats prêts à en découdre.

Les Grenadiere de Joachim "Jochen" Peiper avaient pris position dans cette vallée où, dans la nuit, ils avaient creusé des trous de combat reliés entre eux par un réseau de tranchées et des boyaux camouflés. Pour améliorer leur ligne principale de résistance, nos hommes s'étaient adossés à une profonde ravine. Cet accident du terrain était suffisamment large pour faire office de fossé antichar. Le seul point de passage était un pont en bois. Initialement bâti par les Russes, détruit les jours précédents, il avait été reconstruit par notre génie. Des canons de PaK ainsi que des pièces légères de FlaK étaient disposés ici et là afin de renforcer la puissance de feu des fantassins. Quelques mines avaient aussi été enfouies pour barrer les cheminements que les Russes pouvaient être amenés à emprunter. Après avoir observé le terrain et conformément aux ordres reçus, je pris la décision de positionner mes blindés au cœur de la vallée , à quelques centaines de mètres au-delà des positions des Grenadiere, de manière à ouvrir le feu sur les chars soviétiques dès qu'ils franchiraient le sommet de la crête d'en face; ce qu'ils ne manqueraient pas de faire très prochainement, j'en était certain! Ma douzaine de chars était disposée en diamant, à vingt-cinq mètres les uns des autres.


Formation de Panzer IV en mouvement

Alors que mes chars finissaient de se déployer en ordre de bataille, sur ma gauche, je vis soudainement apparaître quelques silhouettes menaçantes! Il s'agissait d'un groupe de vingt T-34 ou plus. De toute évidence, ils cherchaient à nous contourner pour s'infiltrer dans les lignes de nos camarades. Les blindés russes étant situés à environ 800 mètres, distance idéale pour un bon tireur, j'ordonnai à ma compagnie, par radio, l'ouverture du feu à volonté. Immédiatement ou presque, en un seul bloc, nos Panzer IV pivotèrent pour faire face à l'ennemi; bien entendu, nos chars étaient équipés de tourelles et nous aurions pu nous contenter de les pointer sur notre gauche pour engager les Russes, mais, en réorientant nos machines dans leur direction, nous réduisions la taille de nos silhouettes et en plus nous opposions aux éventuels obus adverses la partie la plus épaisse de notre blindage, l'avant.

Déjà, nos premiers obus frappaient les machines ennemies. L'entraînement reçu par mes hommes et leur expérience des combats de chars étaient payants; la formation de nos équipages durait plusieurs mois, celles des Soviétiques, quelques semaines à peine... Plusieurs T-34 étaient en flamme tandis que les survivants battaient en retraite sans même avoir ouvert le feu sur nous! Ravi du peu de détermination montrée par nos adversaires, je décidai de prendre mes jumelles afin de scruter les alentours à la recherche de nouveaux adversaires car rien n'est plus dangereux pour un tankiste que de découvrir un char ennemi au dernier moment, surtout si ce dernier a déjà pris position pour vous tirer dessus... Ce que je vis alors me laissa littéralement sans voix! Dans un vacarme de moteurs emballés et de cliquetis de chenilles, à environ quatre à cinq cents mètres par le travers, sur notre droite, quinze, puis trente, puis quarante tanks ennemis étaient en train de foncer à très grande vitesse droit devant eux, c'est-à-dire droit sur nous! Il y avait tellement de T-34 qu'il m'était devenu totalement impossible de les compter. Chaque blindé transportait avec lui une grappe de soldats. Ces "Popofs" faisaient leur possible pour rester sur leurs "montures", car ils sautaient dans tous les sens au gré des cahots. Parfois, à l'occasion de heurts trop violents, certains d'entre eux étaient éjectés des capots moteurs sur lesquels ils se tenaient, finissant sous les chenilles des blindés qui arrivaient juste après eux... Cette meute de chars allait s'en prendre à nos positions d'infanterie et ne manquerait pas, au passage, de nous réduire en miettes. J'étais comme hypnotisé par ce spectacle! Ce fut la voix hystérique de mon pilote, Schüle, hurlant son angoisse dans l'intercom, qui me rappela l'urgence de prendre une décision.


Chef de char dans son tourelleau

Au moment où j'allais hurler à mon canonnier de tirer sur les cibles les plus proches, je me rendis compte que Schüle, pris d'une panique incontrôlable, était en train d'ouvrir sa trappe blindée afin de s'extraire de notre char et de s'enfuir! En me faufilant très vite à l'intérieur de notre blindé, je pus le rattraper in extremis et le rasseoir brutalement sur son siège. De retour à mon poste, je fis signe à mon canonnier de faire pivoter notre tourelle sur la droite afin d'engager les T-34 qui s'étaient encore rapprochés de plusieurs dizaines de mètres. Nous n'avions plus le temps de manœuvrer. Notre premier perforant fit mouche, allant s'écraser de plein fouet sur la cible visée. Lorsqu'il fut touché, ce T-34 n'était plus qu'à une soixantaine de mètres! Alors que nous nous apprêtions à changer de position pour essayer de nous mettre en défilement de tourelle, le char du SS-Unterscharführer Papke, qui était situé juste à côté du nôtre, se transforma subitement en une gigantesque boule de feu. L'engin venait d'être frappé par un ou plusieurs obus soviétiques. Tandis que la fumée se dissipait, j'aperçus Papke, seul survivant de son équipage, en train d'évacuer la carcasse de son Panzer IV; ce fut la dernière fois que je le vis en vie... Une seconde machine de ma compagnie fut elle aussi touchée au niveau du barbotin. Immobilisée par ce premier coup au but, elle fut achevée quelques secondes plus tard par un second obus qui la mit en flammes.

Char après char, vague après vague, les T-34 déferlaient dans notre direction. Un tel regroupement de blindés était absolument inimaginable. Il y en avait partout! Ces engins avançaient très rapidement. Tout cela se passant en quelques minutes seulement, nous n'avions pas eu le temps de nous mettre en formation de défense et la seule chose que nous pouvions faire était de tirer avec fébrilité sur ces T-34. A des distances aussi réduites, chaque obus tiré équivalait à une machine russe neutralisée ou détruite. Néanmoins, ce qui valait pour les Soviétiques valait aussi pour nous, autrement dit, que se passerait-il si un 76 russe venait à nous frapper? Tout en donnant mes ordres pour faire au mieux, j'étais arrivé à la conclusion que nous n'avions aucune chance de survivre à cet engagement. Mon canonnier et son chargeur se débattant comme des diables, ils détruisirent deux nouveaux chars russes situés, l'une et l'autre, à moins de trente mètres de notre position. Nous étions en train de consommer de nombreux obus et ce qui devait arriver arriva, plus aucun perforant n'était disponible en tourelle! L'espace alloué aux munitions en tourelle sur un Panzerkampfwagen IV Ausf G, à proximité du canonnier et du chargeur, ne permettait de stocker qu'une vingtaine de munitions. Ne sachant pas si nous allions nous battre exclusivement contre des blindés ou non, nous avions fait le choix de panacher nos obus entre explosifs et perforants. Nous venions justement d'utiliser tous les perforants et il ne nous restait plus que des obus explosifs au pouvoir de destruction nul contre les chars!

Notre unique espoir se matérialisait, à quelques dizaines de mètres derrière nous, sous la forme d'une dénivellation qui nous permettrait, peut-être, de nous soustraire aux vues et aux tirs des Soviétiques. Immédiatement, j'ordonnai à Schüle de foncer à toute vitesse vers ce creux. Au moment même où nous nous mimes en route, nous fûmes rejoints par plusieurs T-34! C'était incroyable! Nous étions en train de rouler au cœur d'un groupe de sept ou huit chars ennemis sans même qu'ils ne se soient rendu compte du fait que nous étions des Allemands! Parvenus près de notre havre de paix, nous nous laissâmes dépasser par les "Popofs" afin de nous mettre à couvert avant qu'une nouvelle meute d'engins russes lancée à grande vitesse n'arrive à notre hauteur. Ce fut à ce moment là, qu'à son tour, l'un des chars russes qui nous avaient "servi d'escorte" s'arrêta très brutalement. Le blindé, peint en vert foncé et arborant une étoile rouge, "swinguait" sur sa suspension. Il était à trente mètres, sur notre droite. Immobilisé, l'engin semblait hésitant, comme si à son bord, l'équipage s'interrogeait sur le camp auquel nous pouvions bien appartenir. A priori, la réponse à leur question fut sans appel car, alors que mon équipage était occupé à approvisionner le canonnier en perforants, le T-34 commença à tourner sa tourelle de manière à pointer sa pièce vers nous. J'hurlais à Schüle de nous remettre en route au plus vite, chaque seconde perdue dans de telles circonstances pouvant nous être fatale. Pendant le même temps, le radio et le chargeur continuaient à fournir des obus au canonnier. Schüle, qui passait pour être le meilleur pilote du bataillon, se montra à la hauteur de sa réputation en nous arrachant à notre position en un clin d'œil. Tout en zigzagant, nous passâmes à moins de cinq mètres du T-34 qui, toujours stoppé, faisait pivoter sa tourelle le plus vite possible afin de nous aligner dans son viseur. Ce fut là son erreur, la dernière de sa carrière, car malgré ses efforts, il ne parvint jamais à nous suivre dans nos évolutions. A mon tour, je fis arrêter notre Panzer pour permettre à mon canonnier, à nouveau ravitaillé en munitions, de le détruire. Notre obus de 75 perça la tourelle du Russe de part en part, la faisant sauter à plus de trois mètres de haut. Elle explosa en miettes en retombant au sol. Des morceaux d'acier volaient dans tous les sens, certains rebondissant contre notre blindage. Nous n'étions pas passés loin de la catastrophe! Mais pour combien de temps encore la chance allait-elle être de notre côté?

La seule solution pour essayer de sauver nos peaux consistait à rester en mouvement tout en nous rapprochant de nos lignes. Cependant, comme si notre situation n'était pas assez grave, il allait bientôt se poser un nouveau problème. Je savais que derrière les positions des Grenadiere de "Jochen" Peiper, les blindés du Panzer-Regiment n'allaient pas tarder à monter au feu pour "allumer" les T-34 qui approchaient. Comment, sur un champ de bataille constellé de carcasses crachant d'épaisses volutes de fumée noirâtre, nos camarades allaient-ils parvenir à nous identifier comme étant un char ami? C'était impossible! D'autant plus qu'en roulant vers nos lignes, nous nous présenterions avec le soleil dans le dos, ce qui aveuglerait les canonniers antichars et les tankistes de la "Leibstandarte". Ma marge de manœuvres était des plus réduites. De plus, il me fallait prendre une décision très vite. J'avais le choix entre tourner en rond au milieu des T-34, qui finiraient bien par nous repérer et nous avoir, ou bien foncer vers nos lignes au risque d'être détruit par un obus... allemand! Ma décision était prise, aussi infime que pouvait être notre chance de nous en sortir, nous allions nous replier.

Après avoir ordonné à Schüle de faire mouvement vers les positions de la Division, je pris le temps d'émettre plusieurs messages radio pour signaler notre position. Inlassablement, je répétais notre code d'identification "Kunibert". Mais malgré plusieurs essais sur diverses fréquences, je n'obtins strictement aucune réponse... Pour ne rien arranger, le grand drapeau à croix gammée que j'avais disposé sur le toit de la tourelle à l'attention des pilotes alliés venait de s'envoler et de s'entortiller autour de notre antenne. Au plus nous nous rapprochions de la ligne de contact, au plus je pouvais constater avec quelle violence le choc entre nos troupes et celles des communistes était en train de se produire. Le terrain, recouvert de chars russes incendiés, ressemblait à une gigantesque casse; au loin, je distinguais plusieurs de nos semi-chenillés, certains en train de flamber comme des torches, d'autres réduits à l'état d'épaves. A côté des 251 utilisés par les fantassins, il y avait des tracteurs lourds appartenant à l'Artillerie-Regiment. Ils avaient été détruits alors qu'ils cherchaient à mettre leurs pièces en batterie pour effectuer des tirs tendus sur les Russes. Les engins du Panzer-Regiment avaient pris position au sommet d'une crête depuis laquelle ils tiraient sans discontinuer sur les T-34. Les obus fusaient dans tous les sens à une cadence infernale. Quel carnage!
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steiner

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MessageSujet: Re: Témoignage Allemand sur la bataille de Koursk   Lun 30 Juin - 20:01

(Suite)


Au fur et à mesure de notre avance, nous rattrapions des groupes de fantassins ennemis qui cherchaient à se mettre à l'abri partout où ils le pouvaient. Surpris par notre présence, ne réalisant que tardivement que nous n'étions pas de leur camp, ils finissaient sous nos rafales de mitrailleuses. Mon canonnier s'offrit un nouveau T-34; l'occasion était trop belle! Le char était stoppé devant nous, à moins de trente mètres! Malgré leur blindage incliné et leur puissance de feu, les T-34 n'étaient généralement pas des machines qui donnaient trop de fil à retordre à nos équipages expérimentés pour la simple raison que la doctrine d'emploi soviétique faisait qu'au combat ces engins étaient commandés par les canonniers et non par les chefs de chars! Or, la plupart du temps, les canonniers russes se préoccupaient surtout des cibles qui se présentaient dans l'arc avant de la machine, se désintéressant du reste. Nous avions découvert cette faille dans les tactiques russes au printemps 1942, et plus d'un an après, nous savions que le moyen le plus sûre de "s'offrir" un T-34 était encore de le prendre par le flanc ou bien par l'arrière...


T34 et infanterie Soviétique sous le feu

Enfin, nous étions en vue du pont de bois qui avait été assemblé par notre génie! Une fois celui-ci franchi, nous serions en sécurité. Malheureusement, nous n'étions pas les seuls à vouloir passer sur cet ouvrage d'art. Des dizaines de blindés russes appuyés par de l'infanterie cherchaient à forcer le passage dans le but de se répandre sur les arrières du fossé antichar. Dans le cas où ils y parviendraient, ce serait tout le dispositif défensif de la "Leibstandarte" qui s'effondrerait comme un château de cartes. Autant dire qu'un vieux roublard, Peiper avait cadenassé les approches de ce pont... ce qui ne servait vraiment pas mes intérêts du moment! Embusqué derrière une carcasse de char russe encore fumante, nous prêtâmes main-forte aux servants dont les pièces de PaK avaient été embossées de l'autre côté du fossé afin de battre de leur feu les accès du pont.

La bataille faisait rage autour de nous! Les T-34 détruits s'accumulaient presque les uns sur les autres! Dans le feu de l'action, des blindés russes se télescopaient! C'était un véritable enfer, partout le feu, des explosions, des morceaux d'acier qui volaient dans toutes les directions. Et puis, il y avait aussi cette fumée âcre qui s'infiltrait à l'intérieur de notre Panzer et qui rendait l'atmosphère irrespirable. En quelques minutes seulement, la dénivellation qui menait au pont fut recouverte d'engins détruits. Dans le fracas des combats, j'entendis la voix de mon chargeur qui me fit son rapport: "Nous n'avons plus un seul obus perforant!" Au même moment ou presque, le canonnier se mit à hurler de douleur. Il était blessé à l'œil, un éclat d'obus venant de frapper l'extrémité extérieure de son viseur avec suffisamment de force pour repousser ce dernier de quelques millimètres à l'intérieur du char!
Sans obus et avec de surcroît un canonnier blessé, nous n'étions plus utiles à grand chose. Je pris alors la décision de nous engager sur le pont en espérant que ses défenseurs puissent nous reconnaître à temps. Ce fut le cas! Enfin, parvenus dans nos lignes, notre char à l'abri derrière un raidillon, je pus examiner la blessure de notre malheureux canonnier. Malgré une douleur aiguë à l'œil, ce dernier refusa d'être évacué vers un poste sanitaire.

Notre char n'était plus apte au combat. Nous avions consommé beaucoup de carburant et nous n'avions plus un seul obus perforant à bord. Alors que je faisait le tour de notre Panzer, en constatant que la machine avait relativement peu souffert lors des combats, j'entendis un blindé s'approcher. C'était un sous-officier du bataillon qui, sur ordre du SS-Sturmbannführer Gross, venait mettre à ma disposition un nouvel engin. Immédiatement, mon équipage et moi-même en prîmes possession afin de repartir au feu! Dans la situation dans laquelle nous étions et avec la très forte pression que les Soviétiques exerçaient sur nos lignes, chaque char comptait et pouvait faire la différence. De plus, la place du chef de compagnie que j'étais était bien de l'autre côté de ce pont, au combat, avec les survivants de mon unité.

L'assaut russe avait été brisé, aussi je décidai de rester aux abords de la passerelle du génie en attendant de nouvelles consignes de la part du quartier général. Pour je ne sais quelles raisons, les liaisons radio avait été coupées et ce fut un officier du Panzer-Regiment qui, à pied, vint me prévenir que la Division allait contre-attaquer pour reprendre le contrôle de la plaine aux Soviétiques; ce fut fait moins d'une heure plus tard. Malgré mes craintes, les pertes de ma compagnie en matériels étaient finalement peu importantes. De nombreux chars avaient été immobilisés mais seules deux machines avaient été entièrement détruites au point d'être irrécupérables. En ce qui concernait les pertes en personnels, les choses étaient différentes et de nombreux soldats expérimentés étaient morts ce jour-là.
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