Les deux Tigres

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 Snipers à Stalingrad

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steiner

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Date d'inscription : 11/12/2007
Localisation : Châlons en Champagne

MessageSujet: Snipers à Stalingrad   Ven 17 Oct - 16:22

Le récit est tiré de l'ouvrage "Le redressement Soviétique" de John Shaw publié aux éditions TIME-LIFE.

Le champ de bataille de Stalingrad était le terrain d’élection des tireurs d’élite et chaque armée
avait ses champions. Les Russes avaient même organisé dans l’usine chimique Lazur une école de tireurs d’élite placée sous la direction de Vassili Zaïtsev, un ancien berger qui avait perfectionné son adresse en chassant le cerf dans les contreforts de l’Oural.

En dix jours, Zaïtsev tua prés de 40 Allemands, et sa renommée s’était étendue jusque dans les lignes ennemies.

Les Allemands répliquèrent en faisant venir par avion le colonel Thorvald, commandant de leur école de tireur d’élite de Zossen, près de Berlin. Zaïtsev nous a laissé le récit du duel à mort qu’il eut avec ce redoutable tireur.

« L’arrivée du tireur d’élite nazi nous imposa une nouvelle tache : nous devions le repérer,
étudier ses habitudes et ses méthodes, attendre patiemment le moment de lui
tirer une balle et une seule, bien ajustée. »


« J’avais appris comment les tireurs d’élite nazis s’y prenaient pour tirer et se camoufler. Mais le caractère du commandant de l’école était encore un mystère pour moi. Nos observations
quotidiennes ne nous apprirent rien de sûr. Il était difficile de dire ou il opérait. Sans doute changeait il souvent de position et me recherchait il avec la même minutie avec laquelle je le recherchait. »


«  Puis mon bon ami Morozov fut tué et Cheïine fut blessé, tous deux avec un fusil à lunette. L’un et l’autre étaient considéré comme des tireurs expérimentés ; ils étaient sortis victorieux
de la plupart de leurs délicates escarmouches. Maintenant, c’était certain : ils avaient eu affaire au grand tireur d’élite nazi que je recherchais. »


«  A l’aube, je partis avec Nikolaï Koulikov pour la position ou nos camarades se trouvaient la veille.
Observant les positions avancées de l’ennemi, je ne remarquai rien de nouveau.
La fin du jour était proche. Puis un casque Allemand apparut soudain au dessus
des retranchements Allemands : il se déplaçait lentement. Fallait il tirer ? Non ! C’était une ruse : le casque se déplaçait de façon plus ou moins irrégulière, et il était sans doute tenu en l’air par un acolyte du tireur, qui attendait sournoisement que je tire. »


« Le deuxième jour passa. Lequel de nous aurait les nerfs les plus solides ? Lequel serait le plus
malin ? »


« Le troisième jour, l’instructeur politique Danilov vint avec nous. Le jour se leva et bientôt la
lumière devint plus franche, et de minute en minute les positions de l’ennemi se firent plus nettes. La bataille s’engagea non loin de nous. Les obus sifflaient au-dessus de nos têtes, mais l’œil collé à nos lunettes, nous ne pouvions nous détacher de ce qui se passait devant nous. »


« Le voila ! Tu vas le voir ! dit soudain l’instructeur politique surexcité. C’est à peine s’il
se dressa, une seule et fatale seconde, au-dessus du parapet, mais c’était assez pour que l’Allemand tirât et le blessât. »


« J’examinai longuement les positions adverses, mais ne pus repérer l’endroit ou il se cachait. Il y avait sur la gauche un char hors de combat, et sur la droite une casemate. Où était
il ? Dans le char ? Non. Un tireur expérimenté ne prendrait pas position là dedans. Dans la casemate peut être. Pas là non plus :
l’embrasure était fermée. Entre le char et la casemate s’étendait un terrain
plat, avec un morceau de tôle et un petit tas de brique. C’était comme ça
depuis longtemps, et nous nous y étions habitués. Je me mis à la place de
l’ennemi et réfléchis ; pouvait il y avoir mieux pour un tireur d’élite ? Il suffisait d’aménager un créneau sous la tôle et d’y ramper pendant la nuit. »


«  Oui, il était sûrement là, sous la tôle posée dans le no man’s land. Mais je voulais savoir à quoi
m’en tenir. Je mis une moufle au bout d’un morceau de planche et l’élevai. Le nazi s’y laissa prendre. Délicatement, j’abaissai la planche sans changer son orientation et examinai le trou de la balle. Elle était venue tout droit d’en face, ce qui voulait dire que le nazi était sous la planche. »


« Il est là le fumier ! Murmura calmement Koulikov dans sa planque proche de la mienne. »


«  Maintenant il fallait le contraindre à bouger pour qu’une partie de la tête apparut. Il ne fallait pas
faire ça tout de suite. Ce serait long. Mais je connaissais le tempérament de mon Allemand. Il n’abandonnerait pas la bonne position qu’il avait trouvée. Nous devions donc changer nous même de position. »


«  C’est ce que nous avons fait pendant la nuit. Nous étions en position avec l’aube. Les Allemands tiraient sur les bords de la Volga. La lumière vint rapidement, et la bataille prit de plus en plus d’intensité dès le levé du jour. Nous avions décidé de passer toute la matinée à attendre, car le soleil en tombant sur notre lunette aurait pu trahir notre présence. Après le déjeuner
de midi, nos fusils se trouvaient à l’ombre tandis que le soleil éclairait directement la position de l’Allemand. Quelque chose scintillait au bord de la tôle : un morceau de verre .. ou un objectif de lunette ? »

« Koulikov souleva délicatement son casque, comme seul savent le faire les tireurs expérimentés. L’Allemand tira. Koulikov se redressa une fraction de seconde en poussant un hurlement. L’Allemand crut qu’il avait enfin touché le tireur Soviétique qu’il recherchait depuis quatre jours et il
souleva à demi la tête de dessous la tôle. C’était exactement ce que j’attendais. »

« Je visais soigneusement. La tête de l’Allemand tomba en arrière et l’objectif de sa
lunette ne bougea plus, scintillant au soleil jusqu'à la tombé de la nuit. »
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