Les deux Tigres

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 Le catéchisme du combat

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Blindaille

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MessageSujet: Le catéchisme du combat   Dim 17 Fév - 20:32

Ca porte bien son nom, c'est pas d'aujourd'hui mais ce n'est pas trop rébarbatif et cela reste au niveau de la section d'infanterie Very Happy

http://www.stratisc.org/Monclar_tdm.html


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steiner

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MessageSujet: Re: Le catéchisme du combat   Mar 19 Fév - 0:48

Je ne serai que trop vous conseiller de lire ce catéchisme un peu particulier, mais riche en enseignements. Je vais le mettre au propre et le passer en format PDF.
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steiner

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MessageSujet: Re: Le catéchisme du combat   Jeu 21 Fév - 21:00

Un petit topo sur l'auteur du catéchisme du combat. Un soldat comme on en voit plus beaucoup de nos jours. Pour commander le bataillon de Corée, il a accepté d'être rétrogradé de général de brigade à celui de lieutenant colonel, pas mal quand même.



Raoul Charles Magrin-Vernerey, plus connu sous le pseudonyme de MONCLAR, était vraiment une extraordinaire figure de guerrier, le type même de l’officier de Légion tel que le montrent la légende et la littérature populaire. Ralph Monclar, né le 7 février 1892 à Budapest (Hongrie), décédé au Val-de-Grâce, le 3 juin 1964 est un officier français, qui s’est illustré durant les deux conflits mondiaux, et particulièrement dans les rangs des Forces françaises libres. Il est l’un des premiers officiers supérieurs à répondre à l’Appel du 18 Juin.

Après des études au lycée Victor-Hugo de Besançon et au petit séminaire d’Ornans, il a quinze ans et demi lorsqu’il se présente pour s’engager dans la Légion étrangère. En raison de son jeune âge il n’est pas admis et retourne à ses études.

Entré à Saint-Cyr en 1912, il en sort en 1914 avec la promotion "Montmirail", est promu sous-lieutenant le 5 août de cette même année, rejoint le 60e Régiment d’Infanterie (60e RI) et termine la guerre avec le grade de capitaine. Il est alors Chevalier de la Légion d’honneur, titulaire de 11 citations blessé sept fois et réformé à 90% : cuisse fracturée par balle, bras droit brisé par l’explosion d’une grenade, deux blessures à la tête imposant deux trépanations, les yeux brûlés par des gaz.

Après l’armistice du 11 Novembre 1918, affecté au Levant, il assure le commandement de divers postes ou formations syriennes : Odessa, Levant, Syrie, Maroc, Algérie, Tonkin. Deux nouvelles citations récompensent cet officier pittoresque d’une extrême bravoure.

Le 1er mars 1924, il obtient enfin de rejoindre cette Légion dont il rêvait depuis sa jeunesse. Après un bref séjour au 1er REI, il est affecté au 3e REI et prend part à la campagne du Maroc jusqu’en 1927. Il rejoint alors le Proche-Orient et est promu chef de bataillon en 1928.

Il est une nouvelle fois affecté à la Légion en 1931 et ne quittera cette arme chère à son coeur qu’en octobre 1941. Affecté au 2e REI, il séjourne au Maroc puis rejoint le 5e REI au Tonkin.

Rentrant d’Extrême-Orient, il prend en janvier 1938 le commandement du bataillon d’instruction de Saïda, est nommé lieutenant-colonel le 25 juin de la même année, avant de repartir au Maroc avec le 4e REI. Jusqu’au 23 février 1940, date à laquelle il est désigné pour prendre le commandement des « deux bataillons de Légion à destination non fixée », qui viennent d’être mis sur pied. Ce sera le début de l’épopée de la 13e DBLE.

Le 13 mai, à BJERVIK, la 13° Demi-brigade livre son premier combat, conquiert sans désemparer quatre objectifs, force l’ennemi à fuir en abandonnant de nombreux prisonniers, des armes automatiques, des équipements impossibles à dénombrer et jusqu’à dix avions bimoteurs.

Du 28 mai au 2 juin, le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey et ses légionnaires gagnent, à Narvik, ce que l’on a appelé « la seule victoire française de 39-40 ». Victoire qui leur vaut d’être cités à l’ordre des Forces françaises libres, avec attribution de la Croix de guerre avec palme de vermeil, pour avoir libéré 60 prisonniers alliés, fait 400 Allemands prisonniers, capturé 10 canons et un très important matériel.

À peine revenu en France, avec 500 de ses hommes, rejoint les Forces françaises libres en Angleterre le 21 juin 1940. Promu colonel, il adopte alors le nom de Monclar (du nom du village de Monclar-de-Quercy, dans le Tarn-et-Garonne).

Participant en Afrique aux opérations menées contre les forces de l’Axe, c’est lui qui, à la tête de la Brigade française d’Orient en Erythee, prend Massouah, fait prisonniers 9 officiers généraux, 440 officiers et 14 000 Italiens.

En juin 1941 il est l’un des rares Français Libres qui refuseront de combattre en Syrie contre d’autres Français, et sera, de ce fait, remplacé à la tête de la 13e DBLE par Pierre Kœnig

Promu général, il exerce divers commandements au Levant, participe à la pacification de la Syrie du nord et termine son séjour comme commandant supérieur des troupes du Levant.

Devenu adjoint au commandant supérieur des troupes d’Algérie à partir de 1946, il est, en 1948, « chargé de mission permanente d’inspection des unités de Légion ». Pendant près de 2 ans, il effectue d’incessants voyages partout où stationnent et combattent des unités de Légion en Algérie, au Maroc, à Madagascar, en Indochine.

En 1950, général de corps d’armée, à la veille de sa retraite, il échange ses étoiles contre les galons panachés de lieutenant-colonel, afin de pouvoir encore combattre volontairement à la tête du bataillon français mis à la disposition de l’ONU en Corée.

Atteint par la limite d’âge, il rentre en France en 1951 et, en 1962, succédant au général KIENTZ, devient gouverneur des Invalides.

Il meurt le 3 juin 1964 à un poste d’honneur, celui de gouverneur de l’hôtel des Invalides. Il a été inhumé dans le caveau des Gouverneurs, dans l’église Saint-Louis.

Médaillé militaire, Grand-croix de la Légion d’honneur, Compagnon de la Libération, le général MONCLAR était également titulaire des Croix de guerre 1914-1918, 1939-1945 et des TOE, de la Legion of Merit avec rang d’officier, de la Silver Star, de la Military Cross, et de nombreuses autres décorations étrangères. 7 fois blessé, il était titulaire de 22 citations et invalide à 100%.

Il a été le président fondateur de l’Association nationale des anciens des forces françaises de l’ONU et du régiment de Corée.

La promotion de Saint-Cyr 1984-1987 porte son nom.

Il était Grand-croix de la Légion d’honneur.


Dernière édition par steiner le Jeu 11 Déc - 21:38, édité 1 fois
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Blindaille

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MessageSujet: Re: Le catéchisme du combat   Ven 22 Fév - 19:29

Il m'était totalement inconnu : Chapeau !
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steiner

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MessageSujet: Introduction + Chapitre 1: Le terrain et le combat   Dim 12 Oct - 15:21

Voici le catéchisme du combat du Colonel Monclar. Chaque semaine, je mettrais en ligne un chapitre.


Catéchisme du combat

INTRODUCTION

I. Chaque soldat (légionnaire, canonnier, etc.) doit connaître son combat (Bugeaud).
Ainsi il le comprend, et il agit et n’est pas “ agi ”, il connaît la valeur et le rendement de son effort, et ne craint pas d’exposer les autres à un sacrifice inutile.

II. La connaissance du combat de l’Infanterie est nécessaire à toutes les armes, parce que jusqu’à nouvel ordre, les autres armes luttent non pas pour elles, mais pour l’Infanterie.

III. Cette connaissance est possible parce la guerre est un art simple et tout d’exécution (Napoléon).
L’expérience l’a prouvé, des indigènes syriens et nord-africains se la sont assimilée.

IV. La simplicité des textes qui vont suivre le prouve suffisamment.


Chapitre I

Le terrain et le combat

1. Définissez le terrain ?
Au point de vue militaire, le terrain se compose :

1. d’obstacles anti-blindés ou anti-chars ;

2. de points forts ;

3. de cheminements pour aller d’un obstacle anti-char ;

4. à un point fort ou à un autre obstacle à un autre point
fort.


2. Qu’est-ce qu’un obstacle anti-chars ?
Les obstacles naturels sont les rivières, les pentes de 45°
et plus, les parties rocheuses ou marécageuses, les bois ou taillis dont les
arbres sont espacés de moins de 5 mètres.

Les obstacles artificiels sont :

- les mines ;

- les abatis, réseaux superposés ;

- les barricades ;

- les tranchées spéciales [1].


3. Quelle est la première qualité d’un obstacle anti-chars ?
La première qualité d’un obstacle anti-chars est d’être
défendu par des gens qui ont la volonté de tenir au moins le terrain qui a été
prescrit.


4. Qu’est-ce qu’un point fort ?
Un point fort se compose :

- de vues étendues,

- d’un champ de tir qui ne se confond pas nécessairement
avec les vues,

- d’un obstacle qui ralentit l’ennemi,

- d’un masque à l’abri duquel les hommes peuvent roquer,
c’est-à-dire se déplacer à gauche, à droite, sans être vus, si possible à
l’abri des projectiles d’Infanterie et d’Artillerie à tir tendu.


5. Définissez le cheminement ?
C’est une portion du terrain non vue de l’ennemi et si
possible abritée des coups, dont une partie étendue peut être balisée quand on
marche dans la direction de l’ennemi.


6. Donnez des exemples de point fort ?
Une crête, un village, un bois, pourvu qu’ils aient des vues
dégagées, un champ de tir dans la direction qu’on veut utiliser.


7. Y a-t-il des points forts artificiels ?
Oui ; toutes les fortifications. Elles ont :

a) comme obstacles les défenses accessoires : réseaux et
fils de fer.

b) un champ de tir et des vues comme les points forts
naturels.

c) le masque constitué par des murs, des tranchés, derrière
ou dans lesquelles on peut se déplacer, à droite, à gauche, sans être vu.


8. Quelle conclusion tirez-vous de cette étude du terrain ?
Quand nous voulons nous arrêter, nous nous arrêtons toujours
sur un point fort ou sur un obstacle anti-chars.

Quand nous nous déplaçons, nous allons d’un point fort ou
d’un obstacle anti-chars à un autre obstacle ou point fort en utilisant les
cheminements.

[1] Pour mémoire :
les obstacles importants construits par le génie sont :

Les réseaux sur piquets de béton,

Les pièges à chars,

Les pieux et rails,

Les blocs de maçonnerie reliés par des chaînes.
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steiner

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MessageSujet: Chapitre 2: La direction   Ven 17 Oct - 17:09

Chapitre II

De la direction

1. Les obstacles, les points forts, ont-ils la même va­leur dans toutes les
directions ?

Non, un point fort ou un obstacle anti-chars s’apprécie,
s’évalue, se jauge dans une direction donnée.

La lisière d’un village, d’un bois, n’offre en général ni
vues, ni champ de tir vers l’intérieur du bois ou de la localité. Une crête
peut avoir des vues étendues vers le Nord et, au contraire un horizon très
limité à l’Ouest ou au Sud. Autrement la direction fait la valeur d’un point
d’appui.

2. La direction a-t-elle une autre importance ?
Oui, tous les hommes du premier échelon (appelé échelon
d’attaque) doivent marcher dans une direction donnée et la garder avec soin,
sinon ils se resserrent sous le feu, parce que la troupe non instruite réagit
ainsi devant le danger et parce qu’encore ils tendent à éviter les zones
battues pour s’entasser dans les zones privées de feu, or les paquets attirent
le feu toutes les armes.

Il faut encore marcher dans une direction donnée, parce que
sous le feu des armes automatiques, le fantassin ne peut exécuter que des
mouvements très simples, marcher dans une direction donnée, en utilisant le
terrain s’il présente des cheminements.

3. Qu’est-ce qu’un point de direction ?
C’est un point du terrain très visible de loin, par rapport
auquel les soldats de 1er échelon prennent leur direction, soit en marchant
dessus, soit en marchant à tant de travers de doigt ou de main, à sa droite ou
à sa gauche, sur des points de direction appelés subordonnés.

4. Qu’appelle-t-on point de
direction intermédiaire ?

D’une part, quel que soit le souci avec lequel on marche
vers un point de direction, il peut disparaître : par exemple si on arrive dans
un fond ou dans un terrain très couvert ; on prend alors des points de
direction restant visibles, sur l’alignement du point de direction choisi, dits
points intermédiaires.

D’autre part, il n’est pas aussi facile qu’il paraît de
marcher sur le point de direction, beaucoup y vont en zigzags et se remettent
face à lui de temps à autre. Une direction, comme une ligne, se détermine par
deux points qu’on conserve dans l’œil en marchant : le point de direction
principal et le point de direction intermédiaire.

5. Mais alors, vous n’utilisez pas les cheminements du terrain ?
Non, en terrain plat.

En revanche, dans une portion de terrain qu’on appelle zone
d’action, il faut savoir utiliser les cheminements dans la direction générale
de marche, pour reprendre ensuite, en terrain plat, sans cheminements la
direction de marche.

6. Comment enseignez-vous le réflexe de la direction ?
L’éducation des réflexes s’obtient en particulier par
répétition. Donc tous les rassemblements, mouvements de la vie militaire, se
font face à une direction donnée.

Chaque Unité supérieure au groupe a une unité de direction
(groupe, section) suivant laquelle les autres unités prennent leur point de
direction subordonné.

En outre, sur le terrain, les Chefs de tous grades de la
Compagnie, et même du Bataillon, prescrivent souvent les exercices suivants :

- marche isolée dans une direction donnée

- la même marche dans une direction donnée en utilisant les
cheminements

- les mêmes exercices à plusieurs, puis par groupes,
sections, etc.
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MessageSujet: Chapitre III: Le moral   Jeu 23 Oct - 19:55

Chapitre III

Le Moral [1]

Donnez-moi des Hommes
décidés à se faire casser la gueule, et je vous ferai de la bonne tactique.


Dragomiroff

Il ne peut rien être sagement ordonné en matière de
tactique, organisation, instruction, discipline, toutes choses qui se tiennent
comme doigts de main, si l’on ne prend comme point de départ l’homme et son
état moral en cet instant définitif du combat.


Ardant du Picq


Définissez le moral au Combat ?
Le moral est la maîtrise des nerfs et le plus ou moins de lucidité :

- que laissent au combattant l’émotion et la peur produites par la vue et le tir des chars, par les
explosions des bombes d’avion ou obus d’artillerie, par le tir des mitrailleuses, par l’action offensive de l’ennemi.

- qui permettent à la troupe de servir convenablement ses armes, aux Chefs de prendre les dispositions acceptables.

L’Homme et le Chef ont donc peur ?
Oui :
l’homme combat non pour la lutte, mais pour la victoire, il est corps et âme, chair et os, et si forte souvent que soit l’âme, elle ne peut dompter le corps à ce point qu’il n’y ait révolte de la chair et trouble de l’esprit en face de la destruction.

Et sous peine de grave mécompte on doit faire entrer ce trouble, ce frémissement de la chair, dans toutes les dispositions que l’on prend au Combat.

Un combat n’est souvent que la lutte de deux adversaires qui ont peur, où triomphe celui qui réussit le mieux à bluffer l’autre.

Quels sont les moyens de renforcer le moral ?
- La discipline, les traditions et l’esprit de corps, l’instruction et l’action, la confiance dans les chefs, l’esprit de sacrifice, l’esprit offensif.

- La discipline est l’habitude
d’obéir dans tous les actes de la vie militaire. Quand on s’est efforcé d’obéir
dans les petits détails même aux ordres qui peuvent paraître injustifiés,
injustes, on ne songe pas à discuter l’ordre d’engager sa vie. La défaite de
Juin et Juillet 1940 tient pour beaucoup à l’indiscipline de la troupe.

- L’esprit de Corps ; certains corps tels que la Légion, les divisions Nord-Africaines, le 152e R.I. se sont couverts de gloire en tout temps, plus spécialement dans l’autre guerre. Et encore dans la dernière débâcle ils ont sauvé au moins leur honneur. Ils le doivent à leurs traditions de bravoure de tenue, de discipline. Les morts continuent à combattre avec nous. Notre amour-propre et l’opinion publique nous contraignent à rivaliser avec eux pour maintenir intact la renommée du corps et
leur héritage de gloire.

L’action distrait du danger. L’instruction permet d’agir en toutes circonstances avec la certitude que les actes ne sont ni inutiles ni dangereux pour les autres et pour soi. L’instruction comprend encore un ensemble de réflexes, c’est-à-dire de bonnes habitudes acquises, qui permettent d’agir sans avoir à réfléchir, même sous le danger.

La confiance dans les Chefs donne la même confiance que l’instruction dans l’utilité et le rendement des efforts exigés. Le Chef agit encore par sa présence. Les hommes disent : “il est là, il
ne dit rien, donc tout va bien”. Pour cette raison, ils doivent voir et entendre le Chef de section. Le Capitaine, le Chef de Bataillon, se font voir pendant les accalmies, ou dans les moments de crise.

L’Offensive, surtout doublée de surprise, a une vertu propre en elle-même. Elle déroute l’adversaire. Dans Mein Kampf , Hitler raconte qu’à sa première réunion politique il disposait d’une trentaine d’hommes, plusieurs milliers de communistes étaient venus troubler la réunion. Il a donné aux siens l’ordre de “rentrer dedans” : les hitlériens ont été couverts de blessures, ils ont eu le dessus et plus jamais les réunions hitlériennes n’ont été troublées.

En 1915, à Burnhault-le-Haut (Alsace) une patrouille de 8 hommes et 1 officier a été encerclée par une centaine d’Allemands. Le chef de patrouille a commandé “Compagnie, à la baïonnette”. Les
Allemands surpris se sont couchés et ont laissé passer.

En avril 1920, la Garnison de
Babanna en Syrie était attaquée. Dix Alaouites recrutés par les Français ont
fait défection et lâché une face du poste. Les Officiers les ont ramenés à leur
place de combat à grands coups de grenades et devant ces gens qui fuyaient
éperdus, les soldats turcs déjà debout sur les terrasses du poste ont cru à une
contre-attaque et ont à leur tour…levé le camp.

La ténacité, la qualité du fox-terrier qui ne lâche pas prise malgré les coups. “Le plus obstiné
l’emporte”. Il y a des retours de fortune extraordinaires. Dans le poste cité plus haut, l’ennemi est parti fatigué alors que le poste ne comptait plus que le 1/3 de l’effectif, 23 grenades et 1 000 cartouches et qu’il en brûlait plusieurs milliers par jour. À Narvik, les Allemands ont reculé de 5kms par jour devant la Légion jusqu’à 15 kms de la frontière suédoise et ont vu partir les FRANCO-ANGLAIS sans qu’ils aient encore réussi à s’expliquer la raison du départ autrement que par la lassitude morale, interprétation d’ailleurs fausse. À la Brigade, un Lieutenant en 1917 a tenu seul alors que ses voisins et son Capitaine étaient enfoncés, partis, et il les “a eus” (les Allemands, non le Capitaine).

L’esprit de sacrifice. Il faut avant de partir, avoir sacrifié sa vie, tout en étant décidé à la vendre le
plus cher et non pour rien, une imprudence, une négligence.

Donnez-moi des gens décidés à se faire casser la gueule et je vous ferai de la bonne tactique, disait Dragomiroff.

La plus grande raison de la défaite de Juin 1940 c’est que certains chefs se vantaient de faire la guerre sans pertes, c’est que personne ne voulait plus se faire casser la gueule, et que personne n’osait y contraindre.

Le sacrifice apparaît d’autant plus facile que les combattants sentent que tous ceux que leur âge et leurs aptitudes appellent au combat participent et que les “embusqués” n’existent pas.

De même les chefs au combat partagent les sacrifices, dangers et fatigues de la troupe. Ils exigent
seulement le confort indispensable à l’exécution de leur mission ou travail.

Les bonnes nouvelles : le Chef doit les faire circuler mais être sûr de leur authenticité.

Quelles circonstances dépriment le moral ?
La surprise, les pertes, surtout les pertes inutiles, les cris et la vue des blessés, les mauvaises nouvelles, rumeurs, cris alarmistes, les manœuvres ennemies sur les flancs et les arrières.

“Quelle chose que ce soit, ou agréable ou terrible, l’effet en est doublé par la surprise” (Xénophon). La surprise paralyse un moment l’assailli et le livre pendant ce temps à l’agresseur. Aussi pour nous renseigner, occupons-nous toujours un obstacle, un point fort avec de vues. Si ces vues manquent, des guetteurs ou des détachements quêtent ces renseignements de tous côtés. En outre, la troupe prend des intervalles pour diminuer l’efficacité du feu ennemi.

Les pertes nombreuses donnent au combattant l’impression que fatalement son tour arrivera bientôt. Quelquefois il est impossible de les éviter. Trop souvent les Français et les Légionnaires
provoquent les 3/4 des pertes par leur esprit de bravade, leur insouciance, leur négligence : ils se font voir, indiquent leur emplacement à l’ennemi, attirent ses coups, lui permettent d’ajuster ses attaques. La paresse de creuser les abris quintuple les pertes.

Les blessés, par la vue de leurs plaies et leurs cris, dépriment leurs camarades. Dans leur intérêt, comme dans l’intérêt général, il importe de les faire évacuer.

Si leur transfert s’avère impossible, il faut les mettre à l’abri, les soigner et leur prescrire de ne
pas gémir. Souvent, leur état les dispose à présenter les événements sous un jour pessimiste et inexact.

Les médecins non seulement ne les croient pas, mais veillent à ce que les postes de secours ne deviennent pas une officine de fausses nouvelles.

D’une façon générale, les Officiers et les gradés répriment avec vigueur la diffusion des bruits
alarmistes et font arrêter leurs auteurs et leurs propagateurs. Beaucoup, par vanité de paraître renseignés ou délectation morose, sadique, répandent les renseignements fâcheux. Ils facilitent la mission de la 5e colonne de Hitler qui doit les diffuser. On a pu en constater l’effet pendant la dernière compagne : une véritable psychose faisait voir les Allemands non seulement là
où ils étaient, mais partout où ils n’étaient pas.

Il faut également interdire les cris : “Ordre de reculer” “Nous sommes tournés”.

Être tourné est la situation normale du combat. On ne peut espérer qu’une ligne tout entière tiendra. Les Allemands par le feu, la fumée, peuvent neutraliser deux éléments et déborder
par l’intervalle. Néanmoins, l’action sur les flancs ou sur les arrières cause toujours une impression considérable. À Pharsale, César avait averti ses troupes que la cavalerie de Pompée les attaquerait sur les flancs. Pourtant au moment de la charge à cheval ennemie, ses rangs ont marqué du flottement.

“Ce fait n’avait rien d’extraordinaire, ajoute César, c’était de jeunes Légionnaires : ils n’avaient que 9 ans de services”. Il faut donc habituer nos hommes à combattre en hérisson face à
l’avant, à leurs flancs, à leurs arrières.

Quel moyen employer vis-à-vis des gens à qui manque l’esprit de sacrifice ?
La crainte est plus forte à l’arrière qu’à l’avant.

S’il est des gens assez malheureux pour ne pas tirer la leçon des événements et ne pas être prêts à
payer de leur vie le rachat de l’honneur et de l’indépendance du pays ou maintenir les traditions de la Légion Étrangère, qu’ils sachent que les chefs et camarades exerceront leur obéissance, d’abord par les coups, puis par les moyens extrêmes. Pour eux, le danger sera plus grand à l’arrière qu’à l’avant.

Plus que jamais le salut du peuple est la suprême loi.

Y a t il un moyen bien simple de forcer tout le monde à combattre ?
Avoir toujours derrière les rangs, files, le gradé serre-file… et qui fait l’appel à chaque arrêt dans
l’attaque, de temps à autre dans la défense. Le soldat est pétri d’amour-propre : il ne veut pas paraître plus “couillon” que son voisin. Il craint les sarcasmes de ses camarades.

Est-il possible de lutter contre les chars ?
Oui.
Le règlement allemand du 18 Janvier 1940, qui doit s’y connaître, dit : “le Régiment d’Infanterie est
capable d’une défense anti-chars efficace. Il peut faire échouer une forte attaque par chars”. Les armes anti-chars des Allemands ne valaient pas mieux que les nôtres. Hors d’Europe nous aurons probablement à redouter seulement les chars légers (sans toutefois exclure les chars lourds) : nos 25 mm les arrêtent.

Les moyens et la tactique anti-chars n’ont pas manqué, mais la volonté de s’en servir.

La lutte anti-chars est avant tout une question de maîtrise des nerfs.

La soudaineté de leur apparition les rend dangereux.

Les moyens de défense seront donnés plus loin. D’ores et déjà le fantassin doit considérer comme normale la lutte contre les chars adverses, s’habituer à les guetter, se familiariser plusieurs fois par semaine avec l’impression de chars qui marchent sur lui, avec les moyens de défense, notamment les mines.

Avec quelles autres impressions doit se familiariser le Fantassin ?
Avec :
- l’idée du danger. L’imagination crée des fantômes. Là aussi les événements ne sont jamais aussi mal que nous le redoutons,

- les détonations, les explosions,

- le tir de l’Artillerie et des armes automatiques par-dessus lui,

- les avions volant bas, les chars fonçant sur lui.

Les instructeurs lui liront des passages des auteurs de guerre. Il s’autosuggestionnera. Chaque soir avant de s’endormir, il se représentera devant des chars, des bombes et il se répétera :
“Je tiendrai le coup, j’aurai le sourire”.

Toutes les circonstances pour habituer le soldat aux tirs, aux chars, aux avions, doivent être utilisées.

Quelle autre nécessiter apparaît comme conclusion de cette étude ?
La nécessité de travailler la terre, de s’enterrer. La moindre tranchée étroite et profonde est une puissante défense contre les chars, l’Artillerie, les avions, tout le “tremblement” de la guerre.

Quelle récompense attend le soldat au moral solide ?
La satisfaction du devoir accompli.

La fierté d’être un homme : de tous les temps, le mâle a combattu pour le tribu, la femme et l’enfant.

La considération des chefs, des camarades : au combat, l’homme se montre à nu. Il n’y a plus de grande gueule, de guerrier de caserne, de salon ou d’antichambre.

Les décorations, l’avancement.

Pour produire tout leur effet,
les chefs subalternes doivent, malgré la fatigue, rédiger leurs propositions de
récompense le soir du combat.

Comment attribuez-vous les récompenses ?
Les récompenses stimulent vivement, puissamment, le moral.
On les donnera :

- pour la troupe, proportionnellement aux pertes ;

- pour les chefs et la troupe, proportionnellement aux
résultats acquis, c’est-à-dire au terrain gagné, aux prisonniers, canons, armes
automatiques, chars, avions capturés ; inversement proportionnellement à
l’appui par l’Artillerie, les chars.

La justice préside-t-elle toujours aux récompenses ?
L’armée comme toutes les sociétés est composée d’hommes sujets aux erreurs, préventions, omissions, négligences. Il ne faut pas trop demander aux hommes.

Mais l’aptitude crée le droit, et tôt où tard le droit triomphe (de Brack).

[1] Ce Chapitre doit être commenté et expliqué par un officier.
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MessageSujet: Chapitre IV: La cohésion   Mar 11 Nov - 19:50

Chapitre IV

La Cohésion

Qu’est-ce que la cohésion ?
Une des principales forces morales de l’Infanterie.

En quoi consiste la cohésion ?
C’est l’habitude qu’ont les gens de vivre, travailler, manger, dormir en commun, pour arriver, s’il le faut, à dormir ensemble du dernier sommeil.

Quel bénéfice donne la cohésion ?
La compréhension des chefs et des hommes entre eux.

Quand un chef ordonne, parle, chacun comprend ; quand un homme accomplit une mission, rend compte, tous savent ce qu’il va faire ou ce qu’il veut dire.

La cohésion donne la confiance, vingt hommes qui ne se connaissent pas fuient devant le lion, quatre hommes qui se connaissent attaquent le lion
(Ardant du Picq).

À quoi comparez-vous la cohésion ?
À une auto rodée. Quand les pièces sont neuves, ne se connaissent pas, elle ne peut rendre beaucoup de services. Il faut la ménager.

Quand les pièces ont travaillé 5 000 km ensemble elle peut donner toute sa vitesse, tout son rendement. Il ne faut pas à tout instant lui enlever ces pièces pour les remplacer par des pièces de rechange qui ne sont pas toujours de la même marque.

Mais le combat vous enlève chefs et camarades ? Vous n’aurez jamais la
cohésion parfaite ?

Raison de plus pour ménager la cohésion des chefs et camarades qui restent. C’est le meilleur moyen d’éviter la contagion de la peur.

Que fait-on en compagne pour respecter la cohésion ?
On évite de fractionner les unités, on détache toujours une unité organique et non tant d’hommes - à l’exception des mitrailleuses et des mortiers et canons de 25 mm.

Et encore pour renforcer la compréhension et la confiance mutuelles, la même section de mitrailleuses, ou de 25 mm marche-t-elle autant que possible toujours avec la même Compagnie, ceci n’exclut pas qu’on puisse appuyer une Compagnie avec plusieurs sections de mitrailleuses. Mais dans ce cas, l’une des sections est celle du combat en général avec la Compagnie.

Enfin, quand les pertes obligent à fusionner des unités, on constitue, autant que la spécialisation le permet, des demi groupes avec les gens du même groupe, des sections avec les groupes d’une même unité, des Compagnies avec les sections du même Bataillon, et ainsi de suite.

Y a-t-il vraiment une contagion de la peur ?
Oui. On l’a constaté à la retraite de France, où tout le monde voyait des Allemands partout, même où ils n’étaient pas.

La contagion est plus rapide dans les formations serrées la nuit, avec des gens inoccupés (que l’action ne distrait pas), fatigués, mal commandés, qui ne se connaissent pas et manquent
de cohésion.
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steiner

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MessageSujet: Chapitre V: La sureté - la liaison   Lun 17 Nov - 21:25

Chapitre V

La Sûreté – La Liaison

Note liminaire

Certains estiment exagéré d’enseigner aux hommes la sûreté la liaison. Cet enseignement reste possible et nécessaire.

Il est possible : aucune notion n’est plus naturelle : le braconnier, le cambrioleur, le soldat qui fait le mur, se gardent.

Il est nécessaire : une section, un groupe, ne peuvent utiliser judicieusement le terrain, prendre une formation appropriée, avoir confiance, que s’ils conçoivent avec netteté la sûreté et la
liaison. C’est ce qu’il faut démontrer.

1. Qu’appelez-vous surprise ?
Une troupe est surprise quand elle reçoit le feu, ou le choc ennemi, les attaques des avions, des blindés, les gaz, sans s’y attendre, et surtout dans une formation serrée donc très vulnérable.

2. En quoi consiste la sûreté ?
La sûreté consiste à éviter la surprise, c’est-à-dire à être renseigné à temps pour pouvoir se mettre en garde, autrement dit :

- utiliser le terrain,

- prendre les dispositions de combat, en particulier les formations diluées,

- mettre les armes en batterie aux emplacements voulus ;

La sûreté dépend donc de la rapidité d’exécution de la troupe et en particulier de la rapidité d’exécution des alertes.

3. Comment une troupe à pied, ou une troupe
transportée, mais combattant à pied, évite-t-elle la surprise ?

a) par les renseignements de toute nature que vont lui chercher les avions, les autos blindées, les motocyclistes, les détachements de reconnaissance, les patrouilles, les éclaireurs détachés en avant et sur les flancs, etc.

b) par le combat que livrent ces détachements pour lui donner le temps de se mettre en garde.

c) en station, par l’utilisation : des obstacles anti-chars, des points forts.

d) par la marche en perroquet, c’est-à-dire l’occupation d’un obstacle ou d’un point fort, aussi longtemps qu’on n’en tient pas un autre. Un perroquet ne lâche pas un barreau tant qu’il n’en tient pas solidement deux autres.

4. Mais alors vous occupez quatre points forts, un devant, deux sur les
flancs, un derrière ?

Le gros tient, surtout avec ses armes lourdes, un point fort principal et sur trois autres points on fait marcher les détachements, les éclaireurs flanqueurs, c’est ce qu’on appelle échelons de tête ou avant-gardes, flancs-gardes, patrouilles, (d’arrière-garde).

5. Mais comment une unité de faible effectif (section ou groupe) peut-elle
détacher autant d’avant, flanc, ou arrière-gardes ?

Ils ne le peuvent. Ils se gardent par la formation très diluée et par le terrain. Ils se déplacent de point fort à point fort, ou par les cheminements.

Notamment, sur les flancs, la section ou le groupe doivent soit tenir face au flanc découvert, les vues et le champ de tir, soit être en liaison avec une autre unité.

6. Qu’appelez-vous liaison ?
Deux sections, deux groupes, sont en liaison quand le terrain entre eux est parfaitement vu et battu par le feu.

Le mot liaison est encore employé pour expliquer que le chef, le voisin, savent tout ce que font le subordonné, le voisin, soit parce qu’ils voient ceux-ci, soit parce qu’ils reçoivent leurs renseignements.

Donc, quand une section, un groupe, ne voient pas le chef, le voisin, ils lui envoient des renseignements, ou se relient à lui par une patrouille.

7. Quels renseignements envoient-ils ?
Ils emploient le procédé de la croix [1] :

- je suis ici

- devant moi

- à droite

- à gauche

- en arrière

8. Quel moyen d’acquérir le réflexe de la sûreté ?
Dès qu’on risque le feu, les engins blindés, l’aviation ennemie, on prend et sur route et à travers champs une formation diluée, c’est-à-dire au moins :

- 50 pas entre les groupes,

- 5 pas entre les hommes,

- 50 pas entre section.

Sur route : en tout temps, en toutes circonstances, on se garde contre les blindés particulièrement par des barrages de mines, l’occupation des obstacles anti-chars.

La sûreté sera enseignée pour chaque phase du combat.

[1] Le texte ne précise pas les symboles employés
(Nde).
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steiner

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MessageSujet: Chapitre VI: L'approche   Dim 23 Nov - 18:54

Chapitre VI

L’Approche

1. Qu’est-ce que l’approche ?
C’est la marche d’une troupe à partir du moment où elle est exposée aux coups de l’Artillerie de campagne ennemie jusqu’au moment où elle peut recevoir des coups de fusil ou de mitrailleuses d’ennemis postés à terre ou transportés par des engins blindés.


2. Y a t il plusieurs sortes d’approche ?
Oui : on distingue :

* l’approche loin de l’ennemi sous le tir de l’artillerie tirant à grande distance et tirant peu ;
* l’approche sous le tir de l’Artillerie tirant à moyenne distance (environ 10kms de l’ennemi).

On distingue encore :

* l’approche non couverte, quand d’un moment à l’autre, notre troupe court le risque de tomber sous les coups de fusils ou de mitrailleuses de l’Infanterie ou des engins blindés ennemis ;

* l’approche couverte, quand, en raison de la distance ou de la protection assurée par une autre troupe amie devant nous, nous ne sommes pas exposés à rencontrer l’Infanterie ennemie. Mais quelle que soit la protection assurée par les troupes de tête, l’aviation et les engins blindés peuvent toujours intervenir et ce même quand nous croyons être à grande distance de l’ennemi.


3. Quand est-on couvert par une troupe qui est devant nous ?
À deux conditions :

* Cette troupe tient tout le front devant notre zone d’action, c’est-à-dire la tranche du terrain où nous devons agir. Ainsi la cavalerie, motorisée ou non, qui selon sa mission se déplace latéralement devant nous ne nous couvre que très imparfaitement ;

* Nous sommes en liaison de renseignements avec cette troupe, c’est-à-dire que nous savons à chaque instant ce qu’elle fait et elle, ce que nous faisons (voir chap. Sûreté – Liaison).


4. Que fait-on quand on est exposé au tir de harcèlement ennemi ? C’est-à-dire au tir de l’Artillerie ennemie tirant peu à grande distance, ou au tir de l’Aviation ?
Pour ne pas perdre de temps on continue à marcher sur la route si elle n’est pas vue des observateurs ou de l’aviation ennemie. Les sections sont à 50 mètres au moins de distance, les hommes à 5 pas de distance. On contourne les endroits repérés par le tir ennemi sans attendre qu’il se déclenche. On marche en colonne par deux de chaque côté de la route ; cette formation permet :

- d’échapper aux vues aériennes,
- d’éviter les grosses pertes si les blindés ou motocyclistes ennemis surgissent par surprise.


5. Mais pourquoi en colonne par deux ?
1) Pour diminuer l’allongement,
2)pour pouvoir marcher sous les arbres, lorsque la route en est bordée,
3)pour pouvoir se jeter dans les fossés de chaque coté de la route si les obus ou les bombes ennemis arrivent sur nous.


6. Pourquoi les sections à 50 mètres de distance ?

Pour que deux sections ne tombent pas sous les éclats du même obus. On met les sections à 100 pas, et même davantage quand on le peut, pour que les observateurs ennemis ou l’Aviation ennemie ne voient que peu d’hommes à la fois et que l’Artillerie ennemie pense que ce n’est pas la peine de tirer.

7. Pourquoi les hommes à 5 pas ?
Pour laisser de la place entre les hommes aux éclats des obus éclatant à proximité de la section.


8. Qu’appelle-t-on mise en garde et alerte ?
Quand une troupe reçoit le renseignement d’un danger par avion blindé, gaz, sans les voir, elle se met en garde.
Quand elle voit l’avion, les blindés, sent ou aperçoit les gaz, elle est alertée.


9. Que fait-on quand il y a alerte aux Gaz ?
On met son masque et on le fait mettre aux hommes. On évite les hautes herbes, les agglomérations, les marécages, les fonds, on recherche des cheminements à flancs de coteaux. On ne s’arrête pas.


10. Qu’entendez-vous par lignes du terrain ?

Les lisières de bois, les limites de champs, les haies, les fossés.


11. Que fait-on quand on approche à une dizaine de kilomètres de l’ennemi ?
La section quitte la route et marche à travers champs dans une formation diluée, moulée aux couverts du terrain et aux obstacles, anti-chars qui se trouvent dans la zone d’action – dissimulée aux observatoires d’artillerie, aux avions, aux blindés.


12. Où marche la section ? Peut-elle aller partout ?
La section a un point de direction et une zone, c’est-à-dire une tranche de terrain en largeur pour marcher. En principe, elle n’en sort pas pour ne pas gêner las autres troupes. La section cherche à ne pas être vue. Elle évite les crêtes ou les franchit le plus vite possible, utilise à plein les cheminements, évite les fonds en général pleins de gaz, si elle veut les utiliser elle s’assure d’abord qu’ils ne sont pas gazés.
Le capitaine donne l’autorisation de sortir de la zone d’action.


13. Quelles sont les formations de la section ?
Jamais en colonne par trois ; elle marche :
- par groupes successifs,
- par groupes accolés,
- en triangle,
- par groupes en échelons débordants.


14. Quelles sont les distances et intervalles entre Groupes ?
Cinquante mètres au moins.


15. Pourquoi ?
Pour qu’un obus qui éclate entre deux groupes n’atteigne les deux groupes. D’autre part, à 50 mètres, le Chef de section peut commander à la voix et au geste, malgré la fumée et la poussière.


16. Quelle est la distance entre les hommes ?
Les hommes sont en colonne par un à 5 pas.


17. Pourquoi à 5 pas ?
Pour laisser de la place aux éclats d’obus et éviter que le même obus ne tue tous les hommes. À cinq pas le Chef de Groupe peut encore commander.
C’est la même règle que dans l’approche sur route.


18. Que fait la section quand elle tombe sous une rafale d’Artillerie ?

Elle se couche d’abord, puis elle franchit au pas de gymnastique entre deux rafales la zone dangereuse jusqu’au moment où elle arrive en terrain libre d’obus.


19. Et si elle se trouve devant un barrage ?
Le barrage est rarement complet ; il y a en général un trou parce que une ou deux pièces tirent mal. Les Groupes dévient de leur direction, passent par le trou et reviennent prendre leur place. Sinon elles attendent que le barrage (ou tir d’arrêt) cesse. Il dure rarement plus de 10 minutes.


20. Comment la section franchit-elle une lisière de bois, une crête, si elle ne trouve pas un cheminement qui permette de ne pas être de l’ennemi ?
Quand les couverts ne peuvent les dissimuler, la section, le groupe franchissent par surprise une crête, une lisière de bois et d’une façon générale tous les endroits repérés par l’ennemi. Pour cela, tous les groupes se mettent à la même hauteur en ayant soin de ne pas se faire voir, les hommes serrent sur la tête, puis tout le monde court jusqu’après avoir passé la limite où tombent les obus tirés à la lisière (100 à 150 mètres), ensuite on reprend le pas.


21. Quand prend-on la formation échelonnée ?

Quand notre compagnie est exposée à voir l’Infanterie ou les engins blindés ennemis surgir sur le flanc.


22. Quel est le meilleur moyen d’éviter les pertes dans l’approche ?
C’est d’exécuter l’approche de nuit.


23. Que faites-vous la nuit, par brouillard, obscurité ?
On fait resserrer les groupes jusqu’à ce qu’ils se voient et que le chef de section voie tout le monde. Le souci de donner au chef de section la possibilité de commander passe avant celui d’éviter les pertes. D’autre part, il faut qu’aucun élément ennemi ne puisse se glisser ou glisser ou rester entre les éléments de chez nous. Sinon avec des soldats non prévenus on risque le désordre et la panique (voir chapitre III, Le Moral). D’ailleurs, la nuit, par l’obscurité, on ne risque que peu le tir et on prend la formation d’approche loin de l’ennemi sur route ou chemin.


24. Que faites-vous dans l’approche non couverte ?
La Compagnie peut à tout instant rencontrer l’ennemi. Pour éviter la surprise qui cause des pertes et trouble le moral des hommes, une section marche en éclaireurs en avant de la compagnie jusqu’au premier point fort en avant du reste de la troupe.


25. Comment opèrent ces éclaireurs ?

Ces groupes détachés en avant marchent, patrouillent, suffisamment en largeur pour qu’aucun parti ne puisse voir un ennemi sauter brusquement sur lui en avant et sur les flancs.
Si les couverts du terrain ne permettent pas de surveiller les parties découvertes on fait fouiller celles-ci autant que possible par leurs cheminements. Les différents groupes doivent voir et battre le terrain entre eux (Liaison de combat).
Les groupes d’éclaireurs atteignent le premier point fort en avant des sections de premier échelon. Ils attendent. Ils repartent quand le premier échelon est à environ 300 mètres, pour ne pas tomber sous la même dispersion du feu ennemi.


26. Quels sont les ordres à recevoir du Capitaine ?

La direction de la Compagnie.
La formation de la Compagnie.
La direction, l’objectif et la zone de marche de la section.
La place des sections voisines qui n’appartiennent pas à la Compagnie.


27. Quels ordres donne le Chef de section ?

Il vérifie que les armes sont approvisionnées (et non chargées), que les outils sont au ceinturon.
Il indique à tous ses hommes sur le terrain ce qu’il sait de l’ennemi et des voisins :
- La direction,
- la mission et l’objectif – point fort limite du bond,
- la formation,
- la zone de progression,
- les cheminements que l’on voit et qu’on peut utiliser,
- les couloirs favorables aux blindés ennemis,
- la place du chef de section,
- la place du capitaine et son axe de déplacement.

Conduite en cas de rencontre avec l’ennemi, les blindés, les avions

1. Que font les éclaireurs quand ils rencontrent l’ennemi et que cet ennemi tire un tir ajusté ?
Ils le signalent et attendent que le chef de section ait rejoint.

2. Et si le tir n’est pas ajusté ?
Ils continuent sur l’objectif.

3. Que fait la section quand le groupe est arrêté ?
Les lignes des groupes accolés, de 50m à 100m d’intervalle au moins, constituent un râteau. Les dents de ce râteau qui rencontrent une résistance s’arrêtent. Les autres dents groupes qui ont devant eux une zone privée de feux ennemis progressent jusqu’à la limite du bond fixé par le Capitaine. Arrivés sur l’objectif ils s’arrêtent, se couvrent avant et sur les flancs et aident les groupes amis arrêtés par des feux des flancs et d’écharpe sur l’ennemi qui les arrêtent, notamment par des tirs de mitrailleuses ou de lance-grenades.

4. Comment la section se protège-t-elle des blindés ?
1)En marche et section – d’abord elle se garde à la vue : toujours 3 observateurs qui ne sont pas au premier rang et regardent l’un en avant, les deux autres sur les flancs, dans les directions d’où peuvent venir les engins blindés ennemis.

2)En marche – elle utilise les obstacles anti-chars sur les routes les plus dangereuses. Autant que le nombre de mines le permet, elle barre aussi les abords de route.

3)En marche – elle utilise les obstacles anti-chars de la zone d’action, au moins les couverts ; c’est d’ailleurs la règle générale.

4)En cas de rencontre de blindés – elle alerte les éléments arrière (plusieurs séries de deux coups brefs de sifflet ou de clairon). Son chef fait coucher ses hommes et leur fait tirer des balles perforantes de F.M. ou de mitrailleuses sur les blindés et les gens qui les accompagnent.

5)Si des blindés ennemis pénètrent dans le dispositif, il s’efforce de leur couper la retraite en faisant placer sur leur route des obstacles qu’il peut rapidement trouver sur le terrain ; ou des mines.

6)En tout temps – la section protège les canons anti-chars qui s’installent ou tirent à proximité.

5. Quelles sont en tout temps, les mesures de défense contre avion ?
Chaque section de tête de la Compagnie a un guetteur en avant.

Les sections des compagnies impaires dans l’ordre de marche ont un guetteur face à gauche. Les sections des compagnies paires ont un guetteur face à droite.
Dès qu’un avion est annoncé, les signaux d’alerte par clairon, sifflets, fusées sont employés.

6. Que commande le chef de section en cas d’avion ennemi ?
Il fait arrêter sa troupe et utiliser les fossés couverts, les haies et à défaut les lignes de terrain.
Si l’ordre en est donné il prescrit de tirer aux F.M. et mitrailleuses et à des équipes de 10 tireurs choisis.
Le tir est possible si le chef qui se tient près des armes voit l’avion à une largeur de main au-dessus et à l’aplomb des troupes amies qui occupent le point de terrain le plus élevé dans la direction du tir.
Le tir est interdit si l’avion volant à moins de 50 mètres d’altitude s’éloigne de l’arme.

7. À quelle distance les armes de l’Infanterie tirent-elles contre les avions

- Mitrailleuse de 8 mm : 1000 m
- F. M.: 600 m
- Armes individuelles: 400m
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MessageSujet: Chapitre VII:   Ven 5 Déc - 17:39

Chapitre VII: Combat du groupe et de la section de 1er échelon


1. Quelle est la mission de la section ou du groupe de premier échelon ?
C’est de marcher sur un point du terrain qu’on appelle objectif et de l’atteindre tôt ou tard.

2. L’objectif est-il un point quelconque du terrain ?

Non ; c’est toujours un point fort ou un obstacle anti-chars.

3. Qui donne le point fort et qui fixe l’objectif ?

Le capitaine ou le chef de section donne l’objectif.

4. Si le capitaine a oublié de donner le point fort objectif, que fait le chef de section ?
Il en choisit un à droite ou à gauche de celui de la section de direction, car il y a toujours une section de direction.


5. Et à quel intervalle de l’objectif de la section de direction faut-il choisir son point fort objectif, 50, 100 ou 200 mètres ?

Il n’y a pas d’intervalle fixe, c’est le terrain qui commande et les objectifs y sont à des intervalles variables. Règle générale : je choisis toujours l’objectif de ma section de façon que l’intervalle entre ma section et la section voisine soit efficacement battu par le feu (raison de liaison).

6. Comment marchez-vous sur votre objectif ?
Je marche aussi longtemps que je n’ai pas reçu de coups de fusil.

7. Je croyais qu’une section marchait sur son objectif en faisant des bonds ?
Non, on commence seulement à faire des bonds quand l’ennemi a commencé de tirer.

8. Alors, on ne s’arrête pas ou on ne se couche pas quand l’ennemi tire ?

Non, ceci est encore une erreur ; on ne s’arrête que sous un feu ajusté à une distance efficace, c’est-à-dire vers 800 m. de l’objectif.

9. Qu’appelez-vous tir ajusté ?
La section, mon groupe, sont soumis à un tir ajusté quand les balles font des petits nuages de poussière de 5 à 10 mètres devant, à droite, ou à gauche, ou dans les intervalles de […] mes hommes. Je n’attends donc pas les pertes pour m’arrêter. En revanche, je n’arrête pas pour des pertes qui, manifestement, sont le fait de quelques tirs isolés et non d’un tir conduit d’armes automatiques.

10. Dans quelle formation marche la section ?
La section marche sur son objectif en deux formations :
1) ou en petites colonnes par un, les hommes à 5 pas de distance.
2) ou en tirailleurs à 5 pas d’intervalle.

11. Quelle est la meilleure des formations ?

Elles sont aussi peu vulnérables l’une que l’autre quand on a des armes automatiques pour les feux. Il vaudrait peut-être mieux rester en petites colonnes ; quand il reste seulement des fusils il vaudrait mieux être en tirailleurs pour pouvoir envoyer le plus grand nombre de balles possible.

12. Quand se met-on en tirailleurs ?
On se met en tirailleurs au dernier point fort, face à l’objectif et à 400 mètres seulement de cet objectif.

13. Si on est parti sans savoir que l’ennemi tient l’objectif ?
On se déploie au premier coup de fusil, à une distance de 400 mètres et autant que possible dans un repli de terrain à l’abri de feu.

14. Quand vous êtes arrêté longtemps, que faites-vous ?
Je me fais un abri avec le barda, l’outil, les pierres, je fais des créneaux obliques.

15. Quand repartez-vous ?
Quand l’ennemi tire mal, c’est-à-dire quand ses balles passent trop haut et tombent trop loin ou quand l’ennemi ne tire plus.

16. Votre groupe ou votre section repartent-ils tous ensemble ?
Non, car l’ennemi pourrait me tendre un piège. Je tâte l’ennemi, je fais exécuter des bonds courts par homme, puis par deux hommes, puis par quatre hommes à la fois. Je fais des bonds de plus en plus longs jusqu’au moment où je suis sûr que le tir de l’ennemi est désajusté.

17. Quand le tir de l’ennemi n’est pas très ajusté, que faites-vous ?
Je progresse par bonds, utilisant le terrain ou faisant tirer les uns pendant que les autres avancent.

18. Y a-t-il d’autres moyens de désajuster le tir de l’ennemi ?
Oui, le Capitaine fait tirer les chars en avant de la troupe, les mitrailleuses et les canons par-dessus la troupe, les voisins qui sont déjà arrivés sur l’objectif tirent de flancs sur les gens qui nous arrêtent.

19. Donc les mitrailleuses, les chars, les canons, les voisins tirent, que faut-il faire ?

Très attention pour profiter des occasions d’avancer.

20. Que faites-vous quand vous êtes arrivés sur l’objectif ?
La section se retranche, une partie fait face en avant et nous garde, le reste tire de flanc sur l’objectif du voisin.

21. Ensuite ?
Le Capitaine fixe un nouvel objectif, nous marchons au pas aussi longtemps que l’ennemi ne tire pas. Nous avançons par des bonds quand l’ennemi commence à tirer, entre 600 et 800 mètres. Nous nous arrêtons quand le tir est ajusté.
Arrivés sur l’objectif, nous nous retranchons et ainsi de suite.

22. C’est tout ce que vous avez à dire et à faire en ce qui concerne le combat de première ligne ?
Je peux ajouter qu’avant de partir, le chef de section reconnaît le terrain, fixe la direction, l’objectif, la formation, les cheminements à utiliser par ses groupes de combat, lignes de terrain qui sont favorables aux arrêts.
Je fais l’appel à tous les arrêts de combat pour m’assurer que tous suivent.

23. Quand vous êtes arrêté, que faites-vous ?
Je me suis arrêté parce que j’étais sous un feu ajusté, je tire sur l’ennemi pour le tuer si possible et dans tous les cas pour lui faire peur et désajuster le tir. C’est pourquoi tirer de trop loin sans voir c’est perdre son temps et ses cartouches.
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